dimanche 25 septembre 2011

Vingt-six semaines et cinq jours

Tournée des Cantons-de-l'Est numéro 122 - le nécessaire tour d'auto du mois:

Ce que mon Fils a appris ou mes dérives parentalo-pédagogiques:

- Les vaches brunes font du lait au chocolat... je sais, c'est d'un déjà vu, mais je n'ai pas pu m'en empêcher...
- Il y a un éléphant qui se cache dans les fossés estriens et il faut le trouver [on jouait à "trouve des animaux" et les vaches, chevaux, chiens et oiseaux des prés l'ont lassé assez rapidement... chercher l'éléphant l'a tenu une bonne demi-heure... ceux et celles qui le connaissent, s'il vous en parle, je vous en prie, dites-lui qu'il l'a raté d'une minute ou deux... je sens qu'on a un bon filon et je vais attendre un an ou deux avant de lui dire qu'il a été capturé...]

Joies du Fils:

Pendant le pique-nique: faire un tas de branches, voir plein de fourmis, trouver deux gigantesques champignons et faire un tour de balançoire communautaire.

Peines du Fils:

Pendant le pique-nique: avoir - lui-même - défait son tas de branches, avoir tué plein de fourmis, avoir déraciné et écrabouillé les deux gigantesques champignons et s'être fait volé notre place dans la balançoire communautaire par une escouade du troisième âge qui nous surveillait depuis un moment...

Fait [très] divers et sans intérêt:

- L'asphalte entre Lawrenceville et Warden est vraiment très "douce", l'auto glisse plus qu'elle ne roule;
- La messe est célébrée à 9h30, le dimanche, à Ste-Anne-de-la-Rochelle - c'est annoncé en grosses lettres, à l'entrée du village - et il y a foule - très chic, la foule, en passant - sur le parvis, à 10h45. 

Je sens que je vais me souvenir de cette journée marquante, toute ma vie. Vraiment.

dimanche 18 septembre 2011

Vingt-cinq semaines et cinq jours

Aujourd'hui, anecdotes... auxquelles le qualificatif "Epic Fail" pourrait s'appliquer...

1. Dans un magasin où l'on trouve la panoplie pour tous les aspects de la vie, je m'interrogeais à savoir si le Fils préférerait des draps "camions de pompiers" ou "requins", quand le Mari est arrivé, tout de joie, à côté de moi...

Le Mari: "Oula, chérie, viens voir. J'ai vu un beau petit costume d'Halloween, pour Fifille. Il y a des gens qui le regardent, mais on va leur piquer..."

Ayant, finalement, choisi les draps de pompiers, je l'ai suivi, plutôt heureuse de son initiative - c'est habituellement à moi que revient la tâche du choix du costume et j'aime bien être délestée, parfois, de ce genre de décisions. Bref, nous ne sommes pas du tout allés vers la section "enfants" et encore moins dans celle où se trouvent les costumes d'Halloween. Non, nous avons fait quelques pas dans une rangée, puis l'air légèrement moins confiant, il me dit: "Ouin. Laisse faire."

Moi: "Ben, là. Il est où ton super costume?"
Le Mari: "... J'avais pas vu que c'était la rangée pour les chiens..."

2. Au souper...

Le Fils ne voulait pas manger ses raviolis - trois couleurs, je dois le préciser. La fatigue aidant, j'ai vraiment fait preuves de fine psychologie... je n'en reviens pas vraiment encore, mais je sais comment on peut créer une aversion alimentaire...

Moi: "Allez, Fils. Mange tes raviolis."
Le Fils: "Non, Maman."
Moi: "Regarde, le vert, il est à la crotte de nez." [Ouais, j'ai dit ça... moi, professeure de philosophie... mais l'implicite qui soutenait cet énoncé est qu'il les mange, ses crottes de nez... alors je me suis dit, il mange ses crottes de nez, il aime ça les crottes de nez, alors... ce sera réconfortant de savoir que le ravioli qui a la même couleur goûte peut-être la même chose... ce sera un incitatif pour le mettre dans sa bouche... je sais, c'est vraiment le raisonnement le plus réussi de l'histoire]
Le Fils: "AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRRRRRRRRRRKKKKKKKKKKK. Dégueu! Non."
Le Fils: [De me voir manger mes raviolis verts]"AAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRRRKKKKKK, Maman. Dégueu, maman."

Hmmm.
Il a fini par manger les blancs et les orangers. Mais les verts, pas question. Et il me regarde avec beaucoup moins d'admiration et de pétillant dans les yeux. Ça ne m'aura pris que deux ans, cinq mois et deux semaines pour perdre de la crédibilité aux yeux du Fils.
Et c'en est fini des pâtes aux épinards pour lui.

Clap, clap. Vraiment. Bravo à moi.

lundi 5 septembre 2011

Vingt-trois semaines et six jours

J'ai déjà compulsivement regardé toutes les émissions du type Nanny 911. 
 Et je me souviens du plaisir éprouvé à juger tous ces parents qui laissaient leurs enfants crier, ne pas dormir, ne pas manger, regarder la télé et autres.                         

Moi, je ne ferais pas ça.
Ne-non. Voyons. Quand même. Franchement.

Bande de mous qui font des enfants rois, sans tonus, nonchalants et égocentriques. Bande d'unicellulaires qui ne sont pas capables de figurer l'évident problème qui fait que leurs enfants sont des tyrans, qu'ils ne baisent plus et que leur vie de couple est un enfer. Un enfant, tu lui dis "non". C'est pas plus compliqué que cela.
NON.
C'est toi, le parent. You got the Power. Mets tes culottes, adulte. Laisse-toi pas mener par le bout du nez. Ce n'est tout de même pas à ta progéniture de décider de quoi que ce soit. Surtout pas à deux ans. Il va crier, le bambin? So what, il va crier. Bouche-toi les oreilles, parent. C'est pas grave. Un petit cri.Voyons que tu as peur d'un cri de rien du tout?

Et puis... le Fils a eu deux ans. A maintenant deux ans et demi. Et aie-je peur d'un -pas si petit - cri?

Un, non. Même que, au premier du jour, souvent, je réponds: "Bravo. Tu t'affirmes. C'est beau." C'est plus à partir du quinzième qu'un certain nombre de tics nerveux s'installent. Après le vingtième, il m'arrive d'avoir les larmes aux yeux et oui, chaque possible son aigu qui pourrait suivre m'effraie. Une véritable peur, qui me prend aux tripes.
Pour une crise de deux à cinq minutes.
C'est la répétition, je crois, qui use. Et le fait que les causes de ces crises me semblent tout à fait... je vais oser le dire... stupides, sans importance, insignifiantes, dérisoires.
Il y a la Somalie. Bordel.
Et mon Fils hurle parce que je ne veux pas lui donner un biscuit, un de plus que les cinq autres qu'il a eu parce que j'ai voulu acheter la paix et le calme, dix minutes. Je sais, son petit monde est justement tout petit et l'homéostasie de ce petit monde, très fragile. Mais... aaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrggggggggggggg. Ça fait un tel bien de pouvoir hurler, par écrit.

Alors à la moi d'il y a quelques années, je dis "Ferme-la". Tu savais pas de quoi tu parlais. Pardonnez-moi, pauvres parents clueless que j'ai jugés de mon impitoyable regard extérieur. Je n'avais aucune idée de la tâche colossale qui est celle d'amener une larve à être quelqu'un, de produire un quelqu'un, du quelqu'un. En ce moment, par exemple, je travaille le "Ne mets pas ton doigt dans tes fesses [et si tu le fais, ne le fais pas sentir à tout le monde et ne le mets pas dans la bouche de quelqu'un d'autre ni dans la tienne]".
C'est l'une de ces petites choses pour lesquelles il faut penser dire merci aux parents de ce monde. 

Pendant les vacances, quelqu'un nous a - très utilement - dit: "Vous devriez lui dire davantage "non", parce que sinon il va être impossible." J'ai fait un petit sourire, en guises de réponse. Un tout petit sourire, avec les dents bien serrées. J'ai lu tous les livres - ou presque - sur l'éducation, l'alimentation, etc. Je sais ce que je devrais faire. Le problème, c'est que, parfois, j'ai l'impression que le parent auquel s'adresse ces livres est un cyborg, un super robot, une méga-machine. Une chose qui n'est jamais fatiguée, toujours blindée de patience et qui n'a pas de vie propre.
J'ai mis les livres dans le fond d'un placard. Et j'ai décidé de choisir mes combats... alors, je ne suis pas toujours hyper-constante (presque toujours, mais, il m'arrive de faillir), je lui donne parfois ce qu'il veut juste pour avoir un moment de calme, il mange dans le salon en regardant la télé quand la journée a été trop longue et désagréable et s'il veut garder le haut de son pyjama au lieu de mettre un chandail, so be it.

J'ai toujours aimé avoir le dernier mot... avec le Fils, m'en fiche. Ça me fait souvent plaisir de lui offrir. C'est à moi que je fais un cadeau - d'un instant -, cadeau que je payerai, peut-être, plus tard, mais on peut toujours se reprendre... non?

mercredi 31 août 2011

Vingt-trois semaines et un jour

Hum.
Je n'ai pas vu le temps passer.
C'est sans doute parce que je n'en ai pas vraiment eu. On pourrait croire que des vacances - je parle de celles du début du mois d'août...-, c'est fait pour prendre le temps, en perdre un peu, mais non.

T-e-l-l-e-m-e-n-t pas.

J'ai de la difficulté à me gérer l'esprit quand la fin de semaine arrive, alors 14 jours... 14 jours à s'occuper continuellement, à faire, à bouger, à être la chose du Fils. Parce que le Fils, sa maman, il la possesso-contrôlo-monopolise. Maman, c'est le best buddy, le jouet par excellence, l'alliée dans la chasse aux monstres au chocolat et la conquête des montagnes de couvertures.

Maman, c'est tout.

Je sais, je ne devrais pas m'en plaindre. Un jour viendra où je penserai à ces moments trop pleins avec la larme à l'oeil parce qu'il ne voudra même plus marcher sur le trottoir à côté de moi ou se cachera quand je crierai son nom dans les couloirs de son école secondaire, à sa recherche, sa peluche à la main et sa boîte à lunch "Thomas le petit train" de l'autre... parce qu'il aura mis de l'eau dans les bouteilles d'alcool ou autre subtilité que l'on croit subtile quand on a quinze ans et qu'on est limite attardé parce qu'on a quinze ans... ("Adolescent, tes yeux sont rouges." - "C'est parce que je marchais avec le vent dans les yeux, maman..." Yeah. Right.) 

Nah. Je. Me. Plains.

J'ai l'impression qu'à chaque matin, il plante une paille dans mon centre d'énergie - mettons que ça existe, mettons que physiologiquement, nous disposons tous d'un réservoir d'énergie quelque part dans le cerveau, une sorte de batterie, mettons. Simple hypothèse de travail. C'est pas pour rien qu'il en a autant de l'énergie... il me la siphonne, la mélange à la sienne et voilà. Du carburant super plus.

Mais il est chou. C'est une adorable petite chose hurlante et pleine d'imagination et de frustrations et de frustrations de ses frustrations. Je trouve que "terrible two", c'est inadéquat, un euphémisme de mauvais goût. L'expression ne prépare personne à ce que sera la réalité. Chaque jour, le Mari et moi on se dit qu'on a atteint le haut de la colline, que ça ne peut être pire. Mais on a affaires à l'Everest, pas de lama, pas de sherpa, pas de chemin et une tempête - et on est en gougounes et en maillots de bain de fantaisie. À chaque jour, nous sommes surpris de constater que non, le pire était à venir et qu'il est tellement variable et polymorphe, le pire. C'est très créatif, le pire. Bravo à lui.
Confettis. Ballons.
Une poignée d'anxiolytiques. 


Il paraît qu'on oublie. On en fait d'autres, enfants... faut croire que l'amnésie sélective fait un bon travail.   

vendredi 29 juillet 2011

Dix-sept semaines et trois jours

Fifille a quatre mois.

Nous partageons la perte de cheveux. Ses petits cheveux de poupon tombent, d'autres foisonnent. Chanceuse.

Je me sens quand même moins seule. Parce que, bien que je n'en aie pas vraiment reparlé - notamment en espérant que si j'ignore le phénomène, il cessera -, ça n'a pas arrêté.

Oh que non.

Des poignées. Il pourrait m'engager pour les films western, je génère des boules roulantes sans arrêt. J'arriverai bientôt au point où l'idée de prendre une douche génèrera une telle angoisse que je devrai boire une tisane no-stress (et avaler deux anxiolytiques, plus efficaces ) avant d'aller sous l'eau. J'ai vécu la même chose après l'accouchement du Fils. Je deviens alors très vulnérable aux suggestions de mon coiffeur... veux-tu un petit traitement? deux petits traitements? Tous les traitements? Et le shampoing anti perte de cheveux, tu en veux une caisse? Je sais - même si ça m'emmerde - qu'il y a une forte probabilité que tous ces très onéreux produits ne fonctionnent pas vraiment pour un phénomène hormonal... mais je suis désespérée. Alors, je prends tout, tout, tout. En double.
Et ces offres, il me les fait toujours après m'avoir dit: "Oulala. Jamais vu ça. T'en perds TELLEMENT. Au moins, il n'y a pas de trous. Encore." Ben, oui. Dis-moi que je pourrais avoir des trous dans le fond de la tête... je ne vais surtout pas passer mes journées à me scruter le cuir chevelu dans chaque miroir.
Je me vois déjà chauve, reluque les perruques quand j'en vois.

Eurk les hormones. Eurk.

lundi 25 juillet 2011

Seize semaines et six jours

Fifille a dormi douze heures.

[Douze. Je vois poindre la vie, à l'horizon. Un retour à la vie. Comprendre: en dormant suffisamment, je cesserai d'être une personne désagréable... je verrai le verre à moitié plein, les bœufs avant la charrue, la rivière avant le pont... Le post partum rôde... je le sens, mais là, j'ai une arme efficace. D'autant plus que, le Mari en vacances signifie que je ne suis plus seule à assurer les boires - désormais inexistant pour toujours, dit-elle avec sur-optimisme - de nuit et que je peux dormir un matin sur deux.

Prrrrraaaa, Prrrrraaaaa le pas sommeil! Prrrrrrraaaaa! (Gangster's style... c'est quand c'est du cassage sérieux...).

J'ai cependant une légère angoisse... de quoi vais-je me plaindre, désormais? Parce que j'ai besoin de motifs pour geindre, ne serait-ce qu'une minute par jour. Je sais. La guerre et autres devraient me suffire. Mais je parle de plaintes auto-centrées, qui ne concernent que mon petit monde et ses malheurs en puissance et en acte... J'ai de l'imagination. Je trouverai.]

vendredi 22 juillet 2011

Seize semaines et trois jours

Fifille pédale sur son tapis d'éveil, jase avec le ventre d'un mouton mauve et mange son poing.
Championne de la multitâche, elle est.
La larve est si loin.
Elle réussit à mettre son poing dans sa bouche une fois sur trois, maintenant. C'est excellent. Elle avait presque des ecchymoses à force de se taper partout dans le visage. Elle a de la persistance dans l'être, la demoiselle: n'arrête pas tant qu'elle n'a pas réussi. Réussi quoi? Pas toujours clair, même pour elle, mais ce n'est grave. L'important, semble de travailler à quelque chose, de se donner et ce, tant et aussi longtemps qu'autre chose ne se présente.
Bravo, dodue, maman est fière de toi! Surtout avec cette chaleur...

Le Fils voulait son papa, ce matin. Il a même dit "Pas maman". Il ne voulait même pas que je le change de couche. Tristesse? Désespoir?
Que non.
Tellement de joie, en fait. Enfin! Je ne serai plus la seule option, au réveil. Papa était une option, mais elle venait avec hurlements - à l'infini - et tapes et rien de bien plaisant à gérer à 5h30 du matin. Alors j'achetais le calme et me levais. Bien que j'apprécie le chant matinal des oiseaux et jouer aux quilles avec enthousiasme alors que je ne suis pas encore totalement au fait de mon existence, je sais que le Mari aimera cela encore plus. Je ne voudrais pas le priver de tels plaisirs plus longtemps. Je suis généreuse comme ça. On pourra même s'en parler quand je me lèverai, un peu plus tard, l'oeil vif et la joie au coeur de les voir heureux d'être ensemble.  
Je trépigne. Rien de moins.

Le projet est encore une nébuleuse. Les vacances sont là, à 16h, plus précisément. Je serai amplement occupée alors je mets cela dans mon arrière-cerveau, que le travail se fasse un peu sans moi et que mes neurones me gâtent d'une surprise, dans deux semaines. Sait-on jamais. Je pourrais m'étonner.